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Voyage d'étude des 5è A/B (M. Gault)

 

« Voyage, voyage …. », Top Ten au box-office des activités töpffériennes, cette année aura une fois de plus tenu ses promesses avec « Le voyage d’étude des Cinquièmes ». N’oublions pas que dans voyage d’étude, il y a voyage, mais aussi étude. Pour ce qui est de l’étude de cette année, un thème tout particulier a été avancé et plébiscité par l’ensemble des élèves : Découverte géologique d’un massif karstique et du circuit hydraulique ... « ils sont trop trop forts ces élèves, que des intellectuels ! ». Effectivement et vu de l’extérieur, seuls quelques spécialistes avertis auraient pu trouver un quelconque intérêt, voire une certaine excitation pour cette observation menée sur 2 jours, grandeur nature. Concernant le voyage, le site choisi en vue de l’exploration se situait dans un endroit très éloigné et probablement mythologique, oublié des anciens, mais présent dans quelques légendes et grimoires poussiéreux, dans lequel il est fait état d’une contrée lointaine et perdue, situées à « 1h30 du lycée !!! ». Une fois de plus, Dame nature ne s’est pas fait prier et nous en a donné, de la nature, avec un temps radieux. Programme de la première journée : randonnée sur le Plateau des Glières, haut lieu de la résistance durant la Seconde Guerre mondiale. Il n’y a pas que les résistants qui ont résisté … les élèves aussi au début : « Quoi ? Marcher ? On n’a jamais fait autant de sport que durant cette journée avec les 5h de marche de prévues » ; et puis « Y’a des trucs à acheter ? …». Ben oui, c’est sûr, que perdu au beau milieu du plateau, hormis des vaches et une vielle grange d’alpage, des trucs à acheter, ben y’en avait pas tous les 3 mètres. Pas de magasins ni de fast-food non plus, pas de PS4, de Natel, et de réseau. Que de la bonne herbe verte, des cailloux, des chemins sinueux, des montées, des descentes, des bêtes, des fourmis qui piquent, de la boue, des ruisseaux, encore de la neige et des névés …. Bref, la nature quoi. Ne perdons pas de vue l’objectif de ce voyage : l’étude du milieu. Donc, bravant les éléments déchaînés, nous partîmes non pas cinq cents, mais vingt-sept (accompagnateurs et guides compris). C’est avec courage et détermination que nous gravîmes au moins les 60m de dénivelé positif pour aller observer le captage des eaux de pluie et de fonte des neiges, découvrir des dolines, des failles et gouffres qui permettent à l’eau de s’infiltrer dans la masse calcaire. Après 2h30 de marche, il fallait prendre une décision lourde de conséquences : fallait-il manger notre pique-nique maintenant, assis ou allongé sur une herbe rase, à proximité d’un petit ruisseau, avec une vue splendide sur les montagnes environnantes …. ? ou devrions-nous gravir encore durant 15 longues minutes, une petite colline pour manger à proximité d’un somptueux chalet d’alpage ? C’est avec un esprit de corps et comme un seul homme que la réponse ne se fit pas attendre : « QUOI, encore marcher ? …. OUI, on mange là ». Nous nous sommes donc arrêté au bord d’un chemin pédestre, sur une herbe verdoyante, mais drue, très très drue, et batailler pour vaincre les hordes de fourmis attirées par notre pique-nique gargantuesque. Après une demi-heure festive, nous reprîmes la route en direction des bus (encore au moins 2h de marche …. Ouf !). Petit détail : aucune flaque d’eau, aucun névé n’ont échappé à la vigilance de certains élèves, qui arboraient glorieusement leurs tenues dégoulinantes, dignes de Kho-Lanta ou d’une Obstacle Race, ou d’un Mud Day. Arrivés tous vivants de cette aventure après une boucle de presque 5h de marche, nous avons pu nous délecter d’un généreux et apprécié goûter. Deuxième journée, nouveau défi : Spéléologie, afin de retrouver sous terre toutes les eaux collectées dans un drain principal (la résurgence), ainsi que les formations calcaires. Alors là, pour de vrai, dame nature nous a servi, toujours sous un ciel clément et ensoleillé ; bon, c’est vrai que côté soleil, sous terre et éclairé à la frontale, nous ne le verrions pas beaucoup, ce soleil ! …. Mais c’est tout de même sympa en sortie de grotte, pour pique-niquer, et pour la marche de retour aux bus. Première étape après être arrivés sur site (proximité plateau des Glières – grotte de la Diau (Thorens-Glieres)) : enfiler l’équipement (combinaisons intégrales, baudriers, casques, longes, et lampes frontales) … pas toujours très seyant, mais toujours très efficace. Petites photos (les filles toujours coquettes, ou presque …. et les garçons en mode Warrior) ; ça y est, nous étions prêts à parcourir les 25 minutes de marche d’approche. À proximité de l’entrée de la grotte, petite pause revigorante durant laquelle nous nous sommes abreuvés généreusement d’eau et avons entamé vigoureusement nos paniers-repas, histoire de donner des forces à nos courageux aventuriers et intrépides aventurières. 15 minutes plus tard, à l’entrée de la grotte, quelques petits doutes mais très légers, très très légers : « y’a des araignées, des bêtes, des chauves-souris ? Et c’est long ? Et faut qu’on rampe ? ». Après avoir répondu aux quelques inquiétudes et balayé 2 ou 3 réticences, nous entrâmes tous les uns derrière les autres, frontales opérationnelles. Bref, nous nous enfoncions dans les entrailles de la Terre, marchant, se mousquetonnant, en rappel au-dessus des lacs sous terrains, sur terre et dans les airs, au sec ou dans l’eau, c’est à force de courage et de détermination que tous les élèves progressaient (pas la moindre bête à l’horizon, sauf nous !). Après 1h30 min de déplacement, le but ultime fut atteint : observation d’une magnifique cascade tumultueuse, fruit du captage des eaux d’infiltration du massif. Vint le temps de faire demi-tour, et mètre après mètre, toujours dans les airs ou sur terre, nous entamions le retour à l’air libre pour encore 1h30. Les guides, étant de joyeux lurons, nous ont aussi demandé de nous assoir sur le sol et d’éteindre les frontales pour ressentir l’obscurité absolue. Pas de cris étonnement, mais des « Encore, encore … » « ils sont fous ces romains, eu non, ces élèves ». Après analyse du milieu et des structures de roches, un petit courant d’air venait nous caresser les joues, l’obscurité déclinait laissant place aux prémices du jour …. Nous atteignons enfin la sortie de la grotte. Nous étions arrivés, sains et saufs, transpirant malgré les 8 degrés sous terre, heureux de pouvoir nous jeter sur les quelques miettes de notre pique-nique (reste du même en-cas avant l’entrée en grotte). Nous étions tous heureux d’avoir partagé cette aventure, et pressés de pouvoir visualiser les nombreuses photos prises durant ce périple. Après avoir rejoint les minibus, une fois déséquipés, il ne nous restait plus qu’à remercier les guides pour ces 2 jours passés en leur compagnie et en harmonie, en essayant de comprendre la magie de dame nature dans la construction de nos espaces.